Le Printemps des Poètes 2017
AFRIQUE(S).

En écho à l'Afrique francophone, un signe à l'Afrique lusophone.

            1549, la ville de Bahia naît sous la protection de tous les saints. Elle est le «cœur noir» du Brésil, des dieux africains débarqués avec les esclaves (tribus Yoruba, Yeyé-Nagó, Mina, Fula, Haoussa) engloutis dans les champs de canne à sucre. Elle demeure le berceau de la culture afro-brésilienne.

                                    L'ombre capricieuse des cocotiers s'allongent

                                    le vent du Nordeste  caresse

                                    abará  acaçá  xinxim  vatapá

                                    caruru  dendê  tacacá

                                    Bahia goûteuse

                                    blottie sous l'aisselle de tous les saints

                                    agogô  atabaques

                                    les paumes battent

                                    rum rumpi lé  rum rumpi lé

                                    rythmes métalliques

                                    caxixi  berimbaus

                                    peau d'esclaves aux fers limés

                                    peau maigre de fièvres et repas aigres

                                    de votre sang la vie a germé

                                    Bahia des amulettes Bahia l'Africaine

                                    Bahia de tous les saints et péchés

                                    magie sombre de tes racines

                                    tes transes divines

                                    ville noire  ville mémoire

                                    ville ostensoir  énervée de fluides   

                                   clochers plus nombreux que les  jours de l'année

                                    orixás   candomblés

                                    aux christs blonds des églises mêlés

                                    encens   secrètes résines

                                    sauvez Salvador de toutes les douleurs

                                    préservez

                                    l'intimité des Hommes avec les Dieux.

 

                                    Salve

                                    São Salvador da Bahia de Todos os Santos !

______________________________________________________________________________________________________________
 


Macumba, 1979, lithographie de Livio Abramo (1903-1993)

Macumba afro-brésilienne

                        ...Le pai-de-santo nous fit signe d'approcher, il est le chef de culte, médium entre les hommes et les orixás, les divinités. Il était tout de blanc vêtu et décoré de colliers colorés. Nous nous sommes glissés vers un banc du terreiro, le lieu de cérémonie, nous asseyant les paumes ouvertes vers le ciel, les jambes non croisées (…) Je suffoquais dans les parfums purificateurs des lieux, des corps et des esprits. Nous sommes de l'énergie concentrée et les parfums doivent nous libérer, nous rendre plus réceptifs, éloigner les fluides nocifs ; ils nous embrument mais pour réveiller nos émotions et nous mener sur le chemin de l'extase  (...)

            Sur une petite estrade se tenaient les atabaques, ensemble de trois tambours de bois tendus de peaux, de même diamètre mais de trois hauteurs différentes, que percutaient des noirs torse nu ; insufflant la magie, ils frappaient, ils jouaient, ils étaient la respiration du terreiro. Au centre, les participants nasillaient des mélopées, dansaient en rond en se balançant. Ils suivaient depuis plus d'une heure déjà le rythme des atabaques qui jouaient, jouaient, jouaient, rum rumpi lé, rum rumpi lé, rum rumpi lé, ils appelaient les orixás. Une initiée, prise de vertige, ondulait en cercle depuis la taille, la main au front et le corps animé de hoquets. Son orixá descendait en elle, le rythme changea, le chant, elle se vidait d'elle-même pour devenir cavalo de santo, cheval de saint, elle s'imprégnait de sa divinité, elle l'épousait, elle devenait le saint dans une sorte de transe hypnotique, titubante, somnolente  (...)

            Rum rumpi lé, rum rumpi lé, rum rumpi lé, les tambours battent et les possédés à tour de rôle se jettent dans les bras du pai-de-santo pour un patient transfert de tous leurs problèmes et il écoute les confessions, conseille, s'immisce dans tous les travers, tous les désirs, grand contrôleur mystique, terrifiant thérapeute dans ce brouillard électrisé de fluides (…)

                        Extraits du chapitre XXI,  Demain 17 heures  Copacabana,  Apogée 2014.

______________________________________________________________________________________________________________
 

Au Chili, en plein désert, la Vallée d' Azapa est une oasis.  Des esclaves furent importés pour cultiver la canne à sucre et le coton. Les descendants afro-chiliens ont très longtemps ignoré pourquoi ils étaient noirs.  Ils ont fini par avoir droit à leur passé pour vivre mieux.

«Un peuple qui honore son passé et l'étudie s'honore lui-même.» Max Uhle, pionnier de l'archéologie andine.

 

______________________________________________________________________________________________________________
 
 

Le Printemps des Poètes 2016

Le Grand XXe siècle.

 

Ouest-France - Vendredi 18 mars 2016

Guénane dernier rendez-vous du Printemps des poètes

C'est au Comptoir gâvrais que la dernière manifestation, du Printemps des poètes organisée par la Fédération des cafés librairies de Bretagne, s'est achevée. Au programme ? Une rencontre lecture avec Guénane sur le thème de I'océan. Une femme-poète que I'océan a toujours inspirée, y compris dans sa vie personnelle.

Et pour la trentaine d'auditeurs installés autour des rayonnages, une soirée riche en émotions.


Guénane et Georges Le Fur, Au Secret de la Trame.
Mars 2016, N° 216 de la précieuse collection L3V de Marie Thamin.
 
14 décembre 2015, Manuel Vicent intitule son article dans le journal El País :
¿Pueden los poetas ser buenos amigos?
Les poètes peuvent-ils être bons amis?

Pour preuve, consulter sur le site du Printemps des Poètes la rubrique Apologie du poète : des poètes (mais pas seulement) témoignent sur un autre poète qu'ils ont connu ou découvert.

Le Printemps des Poètes 2015

La Poésie insurrectionnelle.
 
Pour être insurrectionnelle
la poésie doit-elle hurler ?




Pendant un demi siècle

la poésie fut

le paradis du sot solennel.

Jusqu'à ce que je vienne

et m'installe avec ma Montagne russe.

Montez, si ça vous chante.

Mais je ne serai en rien responsable si vous descendez

en saignant de la bouche et du nez.

La poesía  morirá si no se la ofende  -  la poésie mourra si on ne l'offense pas.
 
Los poetas bajaron del olimpo -  les poètes sont descendus de l'olympe.
 
Nicanor Parra, poète centenaire, né au Chili le 5 septembre 1914, a inventé dans les années 50 l' ANTIPOESIE , le langage direct en rupture avec la syntaxe classique, léchée et les métaphores.
   
Haut les mains les mots les murs!  
Un mur sans
 graffiti 
 est un mur sans
 rébellion.           

 

 

 

 
 Mur chilien, commune du Cap Horn, 2013.
 

 

   
Sur l'océan  le vent
chante dans toutes les langues
laquelle entends-tu quand il s'insurge?
 
 

 

Le Printemps des Poètes 2014

La Poésie au cœur des arts.

Quel sacre après le massacre?

Restera en souvenir
l'œil de l'art
Poésie
In nomine harmoniae mundi

 

 

L3V avec Michel Le Sage   http://kisstinic.canalblog.com
et la Galerie Nomade de Marie Thamin    http://mt-galerie.eu
Exposition à l'abbaye cistercienne de Bon-Repos, 22570 -  St Gelven

 

                     Séverine Pineaux  -  Le miroir du temps  -   huile sur panneau

 

Peinture, sculpture, musique, poésie, nous sommes déjà en 2014; le Printemps des Poètes aura pour thème:
La Poésie au cœur des arts.

Le Printemps des Poètes 2013

    Le diable aussi est l'hôte de l'aube
    sa voix grince en notre arrière-gorge
    à vous les mots armés de lui donner le change!
Piteuse harmonie du monde
tous les sens sont troublés
le verbe résister nous tire par la manche
la voix du premier rire a sept millions d'années.
 
¡Oh, qué dolor la verdad!
¡Oh, qué dolor la mentira!
                                                                   Federico G.L.
   

 

 

Le Printemps des Poètes 2012, ENFANCES.

L'enfance est un fin fil
d'or qui
toute la vie
nous relie aux étoiles.

Enfance
Pour les siècles des siècles
sans jamais dire amen
c'est elle
que tu bois dans tes mains.

     

Restait-il un seul fauteuil rouge vide dans l'auditorium?  

 ......

 

Le Printemps des Poètes 2011

Plume de lumière
peau du ciel sur le dos de la dune
trait sans trace
silence sud.

 ...Je l'ai trouvé l'œil rivé à une lunette monoculaire puissante dénichée dans une brocante.  «Viens voir, je ne sais pas si c'est la fin du monde ou le début.» sa voix était rauque, feutrée.  Je sentis qu'il avait une fois de plus approché l'invisible.  Sous la lunette je n'apercevais aucun objet d'observation, sinon une infime aspérité poussiéreuse; mais ce que je vis était grandiose et surprenant.  C'était un paysage figé, majestueux, mêlant les failles du Grand Canyon à l'architecture d'une raffinerie futuriste.  De la pointe effilée d'un crayon, il anima les reliefs, modifia l'érosion d'un panorama ocre, métallique, où je m'attendais à voir scintiller un méandre du Rio Colorado. Subjuguée, je vis alors s'effondrer murailles et cathédrales, tandis que s'emmêlaient tubes, tuyaux, tuyères.  Des tubulures zébraient les paysages comme autant de signatures accélérées du Temps.  Ce vertigineux kaléidoscope tenait dans un milligramme de cendre.  Je sondais le silence de la cendre en métamorphoses...

 
Timée de Platon, L.Chedid-GLM 1953, Chili 2010.  

 

Ne cherche pas
ce territoire infini c'est toi.

 

Pas seulement la terre
ici
la mémoire du désert aussi tremble.

Chacabuco, ex-ville minière puis camp de concentration sous Pinochet, aujourd'hui "ville-fantôme".  


Ce que le silence avale
quand le paysage parle
des cruautés imbéciles.

 

Au- delà
au-delà toujours
le paysage roule
la vie file
et les mots sont trop courts.

   

On n'arrête pas les mots
ni leur écho dans l'œil qui regarde.

 

Le Printemps des Poètes 2010, Couleur Femme.

                                
  Mur Couleur Femme, Iquique, Chili, décembre 2010.
   

  Assiette de RICARDO MIGLIORISI: Artiste paraguayen qui marie si bien érotisme et humour.
   

 

Griselda Roses peint et danse le tango avec la même flamme à El Calafate, Argentina.

                                         
                                                    

 


Le Printemps des Poètes à Rennes.

 

Vernissage de l'exposition Couleur Poème le mercredi 17 mars 2010 à La Rochelle.

 

LAROCHELLIVRE annonce pour le Printemps des Poètes 2010 "une grande exposition avec les talents conjugués de poètes et de plasticiens. Musique et voix seront aussi présentes."
 
En avant-première, un peu du lumineux chemin d'estrans de Patrice Benassy:

 

  

Le Printemps des Poètes 2009

Les «poètes-poètes» se marrent en mars.                

Interview - Le Télégramme 04 Mars 2009. Interview - Le Télégramme 04 Mars 2009.

Poésie Coucou...

 La poésie s'invite dans les cités avec Défis...     

Cage Of Plumes... Plumes...

Mille Feuille...

Des poèmes pas gentils au Galion...

Des poèmes pas gentils au Galion...

 

Printemps des Poètes 2008, l' AUTRE

AMER INDIEN.

Son cœur soulève une canine de puma.
Oser un pas
vers cet orgueil dressé.

Visage d'avant le pillage
la cruauté
l'alcool et les bacilles
l'indifférence. 

Visage d'un Paradis massacré
d'un Premier Homme
histoire d'un silence.
Sur ses avant-bras pendent
des cascades de colliers.
« One dollar »
articule l' Indien sans ciller.

 Contretemps du rêve
accroc aux armoiries du Paradis
partir sans se retourner
peur de lire le mépris
sur des lèvres guarani. 

Le fleuve était gros.
Un concert de crapauds imprima son sillon
s'y lova l' Homme-Blason.
Océan
que n'as-tu englouti
les caravelles de Colomb? 

Humain perdu
à jamais tu rends visite
à l' Humaine qui m' habite.

 


Inmobilidad fascinante
del hombre clavado
en la Cruz del Sur.


Sculpture de José Laterza Parodi (1915-1981) artiste paraguayen.

 

 

 

Printemps des Poètes 2007.

LETTERA AMOROSA

Il m'arrive par bouffées
droit de l'éternité
intact
avec
des rythmes d'énigmes.


Palette folle des mots en émeute
à bouche toute
sans aucun doute
sous les baisers en rafales il met
le monde en sourdine

L' Amour.


Myope sans remède
dans mes veines il invente sa musique
tension
transfiguration
il me sacre paysage unique
j'y crois
je roule entre les bras d'un arc-en-ciel.


Corps à corps
à corps perdu il corse
le goût d'absolu

l' Amour.

 

 

Languidic 2006.


"...Quatre jeunes de l'OMCC théâtre ont choisi les poèmes qu'ils ont lu avec respect et émotion devant un public attentif.  Ils étaient accompagnés dans leur lecture par Martine Millet à la harpe celtique. Un mélange réussi avec les créations de Martine qui s'était imprégnée des textes pour composer les accompagnements."
Martine Millet, discrète et talentueuse, 1958 - 5 février 2011.